La Fédération des Associations Initiative & Formation
Travailler les homophones
- Le travail sur les homophones est un temps où les enfants peuvent mettre ensemble des mots qu'ils ont découverts dans des temps et des contextes différents. C'est une activité de synthèse.
- La seule raison de les rassembler se trouve dans l'entendu. Habitués à rencontrer des liens de similitudes : les noms ensemble, les verbes ensemble, les déterminants ensemble, etc. Ils peuvent avoir ici l'occasion d'agir mentalement sur des liens de différences par un changement radical de point de vue. Il nous faut rappeler qu'en fonction de leurs "profils pédagogiques" certains enfants ont besoin de gérer des liens de différence pour accéder à des liens de similitude.
- L'objectif de cette activité est d'amener les enfants à associer de façon de plus en plus rapide, à partir d'un "entendu", une forme orthographique à un contexte de sens. L'hésitation permanente sur la forme bloque trop souvent le passage à l'écrit. Il s'agit de leur faire vivre un sentiment de maîtrise progressive de la forme d'un écrit. Le faire sous forme ludique, en explicitant les moyens mentaux créatifs à leur disposition, contribue à nourrir leur motivation à l'écriture. Le protocole qui suit est proposé pour une classe de fin de primaire, mais il a été testé avec succés dans des groupes de collégiens en stage de méthodologie. Il est tout à fait utilisable en entretien individuel ou séance d'orthophonie.
- Proposition de protocole de travail sur les homophones
- Proposition d'évocation sur un mot entendu : "Je vais vous dire un mot et vous allez observer ce qui se passe dans votre tête". "Si je vous dis par exemple : vert ". Très souvent les enfants demandent : lequel? l'enseignant répond qu'ils ont le choix. Laisser un temps silencieux d'évocation .
- Dialogue pédagogique sur la forme évocative pour habituer les enfants à s'observer dans leur activité mentale et à s'enrichir des découvertes des autres : "Comment y avez-vous pensé? en images? en mots? en sons? en impressions? en mouvements" Ce dialogue doit accueillir sans la moindre critique toutes les formes évocatives, en particulier concrètes (Paramètre 1), vécues par les enfants.
- Dialogue sur le sens porté par ces évocations et collecte orale des différents sens possibles sur cet entendu.
- Questionnement et échange sur les orthographes associées aux différents sens.
- Distribution du schéma centré; portant toutes les formes possibles orthographiques. (Savoir que sur cet homophone il n'y a que 5 possibilités est rassurant pour nombre d'enfants.)
- Chaque enfant est invité à faire dans sa tête un lien logique (Paramètre 3) ou un lien original (Paramètre 4) entre une forme orthographique (Paramètre 2) et l'évocation de sens concret (Paramètre 1) qu'il en a eu pour compléter le mandala par des dessins, des symboles ou des exemples. Un petit dessin, même insatisfaisant pour l'enfant, doit être encouragé car c'est une occasion de faire un lien entre le sens signifié et le signifiant orthographique souvent ressenti comme arbitraire. Il faut encourager les enfants à laisser aller leur imagination en s'y faisant plaisir, à ajouter de la couleur pour développer leur créativité et faciliter le travail ultérieur de mémorisation.
De toutes façons cette fiche, ils ne la complètent que pour eux, à des fins de mémorisation et pour personne d'autre! L'essentiel est qu'ils se comprennent.
- Dès que les schémas sont complétés, l'enseignant peut demander à tous les enfants de retourner les fiches. Il choisit de dire des phrases contenant l'homophone, impose un temps de recherche silencieuse pour laisser à chacun le temps du choix de l'orthographe et interroge toute la classe puis tel ou tel enfant. sous forme de jeu.
- Mise en projet de mémorisation de la fiche pour être capable de redonner chacun de ces mots demain, un autre jour, dans une dictée, un texte rédigé.d'inventer une phrase courte et simple à proposer le lendemain à toute la classe en dictée.
- Une interrogation peut être construite en faisant un choix au hasard dans les phrases inventées par les enfants. L'enseignant se donne le droit de laisser de côté pour un temps les phrases qui lui semblent trop complexes mais peut les soumettre ultérieurement hors évaluation notée, oralement ou en travail de groupe. Faire participer chaque enfant au choix d'une évaluation du travail écrit nourrit sa motivation à l'écriture.
Armelle Géninet; Adapté du livreté: "Graphismes et mandalas d'apprentissage, cycle 3°", éd RETZ, 2006.